Nouvelles règles phytosanitaires de l'UE : suivi spécifique concernant les exportations de mangues

La nouvelle directive de l’Union européenne sur les importations de mangues sera appliquée à partir du 1er septembre 2019. Pour que les exportations de mangues puissent se poursuivre au cours de la saison 2020, les producteurs, les exportateurs et les Organisations nationales de la protection des végétaux (ONPV) doivent agir maintenant.

Le 8 mars, le COLEACP a envoyé un bulletin d’information sur les nouvelles règles de l’UE concernant l’importation de mangues. Ces règles ont été introduites en réponse au nombre élevé d’interceptions d’importations de mangues dues à la présence de mouches des fruits (Tephritidae non européennes). 

Le 21 mars 2019, ces nouvelles règles ont été officiellement adoptées en tant que directive d’application de la Commission (UE) 2019/523, modifiant les annexes I à V de la directive phytosanitaire 2000/29/CE.

La nouvelle directive est entrée en vigueur le 31 mars et sera appliquée à partir du 1er septembre 2019.  Afin d’assurer la continuité des exportations de mangues pendant la saison 2020, des mesures doivent être prises dès maintenant par les producteurs, les exportateurs et les Organisations Nationales pour la Protection des Végétaux (ONPV) concernées.

Dans le cadre de ses programmes Fit for Market (FFM) et Fit for Market SPS (FFM SPS)*, le COLEACP sera disponible pour aider les ONPV et le secteur de la mangue dans chaque pays à préparer les dossiers qui seront exigés. Le COLEACP est également disponible pour collaborer avec le secteur de la mangue et les autorités nationales pour mettre en place les actions correspondantes qui seront nécessaires.

Les nouvelles règles présentent quatre options possibles ; les pays exportateurs doivent se conformer à l’une d’entre elles pour que les exportations vers l’UE soient autorisées :

a) Les fruits doivent être originaires d’un pays reconnu indemne de Tephritidae (non européen).

b) Les fruits doivent être originaires d’une zone déclarée indemne de Tephritidae par le pays exportateur (ONPV).

c) Aucun signe de Tephritidae n’a été observé sur le lieu de production (exploitation/plantation) et dans ses environs immédiats depuis le début du dernier cycle complet de la mangue.  Pour ce faire, des contrôles officiels doivent être effectués au moins une fois par mois au cours des 3 mois précédant la récolte.  Aucun des fruits récoltés sur ce site de production ne doit présenter de signes de la présence de Tephritidae lors des inspections officielles.  Enfin, des informations sur la traçabilité doivent figurer dans le certificat phytosanitaire.

d) La mangue doit avoir été soumise à un traitement efficace pour s’assurer qu’elle est exempte de Tephritidae, et les données relatives au traitement doivent figurer dans le certificat phytosanitaire.  En outre, la méthode de traitement doit être communiquée au préalable par écrit à la Commission européenne par l’ONPV.

Parmi ces options, (a) et (b) ne sont pas ouvertes aux pays exportateurs de mangues en Afrique de l’Ouest, car la mouche des fruits est connue pour y être présente. Il est également peu probable que l’option (c) soit une possibilité étant donné la propagation de ce ravageur.

Cela ne laisse que l’option (d), ce qui signifie que les exportations de mangues ne seront autorisées dans l’UE que si «elles ont été soumises à un traitement efficace». Avant le début de la prochaine saison de mangues, l’ONPV de chaque pays doit envoyer un dossier à la CE décrivant en détail le traitement qui sera appliqué. Ce traitement peut comprendre la lutte contre la mouche des fruits après la récolte et/ou une «approche systémique» pré-récolte qui couvre la lutte et la gestion du ravageur dans le champ.

Pour préparer ce dossier, l’ONPV doit travailler avec le secteur de la mangue pour s’accorder sur le «traitement efficace».  Une fois le dossier soumis, tous les producteurs doivent suivre strictement ce traitement convenu.  Il est donc important de mettre au point un plan de traitement qui soit non seulement efficace, mais aussi pratique et faisable pour les petits et les grands producteurs. 

Pour soumettre une demande d’intervention dans le cadre du programme Fit For Market, contactez-nous via 

 

* FFM est financé par l’Union européenne à la demande du groupe des Etats ACP et cofinancé par l’Agence Française de Développement; FFM SPS est financé par l’Union européenne à la demande du groupe des Etats ACP.